lundi 22 octobre 2018

La dame du cirque de Guy DES CARS





Guy DES CARS

La dame du cirque















4ème de couverture :
Michaela a abandonné son milieu pour devenir écuyère de cirque. Après avoir épousé son directeur, Hermann Kier, l'amazone est victime d'un accident qui lui fait perdre la raison. Contre l'avis des médecins, son mari la garde auprès de lui, enfermée dans une roulotte d'où elle ne sort que le soir pour présider "le souper de Son Altesse", La démente se croit en effet Princesse régnante d'un royaume imaginaire... Sa "cour" est formée des artistes du cirque : clowns, funambules, trapézistes, dompteurs. Un soir, une lueur de lucidité fait comprendre à Michaela qu'elle a été remplacée dans le cour de Hermann Kier par la Française Isabelle. Elle n'a plus qu'une idée : faire mourir sa rivale, mais ne réussit qu'à provoquer un nouvel accident au cours duquel Isabelle perd l'usage de ses jambes. Dès lors, l'action est menée entre ces trois personnages hallucinants: une démente, un dresseur de chevaux et une paralytique.





Il y a 15/20 ans, je n'ai pas pris le temps de découvrir cet auteur, pourtant mon frère m'y avait fortement encouragée.
Quand j'ai vu que la maison d'édition J'ai Lu rééditait trois de ses romans je m'y suis jetée dessus.
La couverture est jolie, la 4ème alléchante, let's go.

Michaëla est la fille d'un baron fortuné, qui ne se voit pas vivre la vie d'une jolie poupée que l'on pose là, sur un meuble pour le thé ou pour un dîner mondain, comme la prédestine sa vie.
Mais surtout elle ne se voit pas épouser le jeune homme riche qui lui a été désigné comme époux et de passer ses journées à ne rien faire.
Une rencontre va tout changer et Michaëla va prendre la décision de suivre le cirque qui est de passage dans sa ville...

C'est une lecture fluide, qui avec les années n'a pas pris une ride, même si l'auteur explique avoir remanié le texte à un moment donné.
C'est une lecture idéale entre deux thrillers, c'est sans prise de tête.

Au cours de ma lecture, je suis tombée sur un passage qui condamne la captivité des animaux, je me suis demandée ce que Guy Des Cars aurait pensé de la mauvaise image dont bénéficie le cirque aujourd'hui.
Il n'a pas eu le temps de voir toutes ces vidéos d'animaux maltraités, diffusées sur internet et notamment les réseaux sociaux.
Il faut dire que cette histoire se situe au début des années 1900 donc le sujet passe facilement.

Quelle jolie surprise de voir qu'un morceau du récit se passe à côté de Cahors où je vis.
Par moment, j'ai eu l'impression d'être dans Alice au pays des merveilles, avec la folie qui va de pair et ça tombe bien j'aime les contes.
Bonheur/malheur, la frontière est fine et un drame est si vite arrivé, d'ailleurs le monde est parfois si cruel.
Le monde, et que dire des monstres qui le peuplent.

Voilà j'ai découvert cet auteur, certes tardivement, mais je suis ravie de l'avoir fait.
N'hésitez pas à faire comme moi ou à retrouver votre jeunesse avec les trois rééditions que proposent J'ai Lu Editions.








Guy Augustin Marie Jean de Pérusse des Cars, dit Guy des Cars, est un écrivain.
Issu de l'aristocratie française, il est le fils de François de Pérusse, duc des Cars (1875-1941) et de Maria Teresa Edwards (1879-1941), son épouse.
Guy des Cars a fait ses études chez les Jésuites, où il entre à l'âge de 7 ans ; il n'en ressort qu'à 16. À 19 ans, il part pour le Chili pour mettre fin à une aventure galante et, lors de son retour en France, il écrit une comédie de boulevard, la Croisière pour dames seules. Il embrasse alors la carrière de journaliste. A 28 ans, il est rédacteur en chef du Jour.
Lieutenant d'infanterie, il reçoit la croix de guerre pour sa conduite au front. Après la défaite de 1940, il se retire dans le Midi, où il écrit son premier roman L’Officier sans nom, un livre de guerre. Il a écrit de nombreux romans qui ont eu un grand succès, dont L’Impure, La Brute, La Dame du cirque, Le Château du clown, Les Filles de joie, Le Faussaire, L’Envoûteuse, La Justicière, L’Entremetteuse, La Maudite.
En 1962, il fut élu directeur de l'Académie du Maine. En 1974, il publia un récit en forme de confession autobiographique, à diffusion nettement plus confidentielle sans doute, mais non dénué d'intérêt documentaire, sous le titre : J'ose.
Guy des Cars fut également un grand amoureux des arts du cirque.

vendredi 19 octobre 2018

Le miroir des âmes de Nicolas FEUZ





Nicolas FEUZ

Le miroir des âmes
















4ème de couverture :
Un attentat sans commanditaire, des meurtres sans mobile apparent, l’auteur est à son affaire, il est procureur du Canton de Neuchâtel. Dans ce polar essoufflant, il fait endosser à son personnage principal la robe d’un magistrat qui pourrait être son double si tout n’était précisément double et trouble dans ce Miroir des âmes : les flics, les filles, les politiques, les juges et jusqu’à ce mystérieux tueur en série que la police a surnommé Le Vénitien parce qu’il coule du verre de Murano dans la gorge de ses victimes. Le style est au couteau, l’efficacité radicale. Implacable et précis, comme un détonateur.






La scène introductive donne une idée très claire sur ce qui va suivre.
Visiblement, nous sommes face à un tueur qui ne plaisante pas et ça démarre très fort.
Ses meurtres sont violents et on sent une sourde angoisse pointer son nez.

Norbert Jemsen, procureur, est retrouvé au milieu des victimes d'un attentat.
Blessé, il semble avoir perdu la mémoire et s'étonne des soupçons de la police, qui semble convaincue qu'il est la cible principale de ce carnage sanglant.

Vous voilà prévenus, nous sommes bel et bien devant un thriller.
D'ailleurs, puisque le sujet est évoqué, nous sommes nombreux à trouver que les éditeurs ont la fâcheuse habitude d'estampiller "thriller", et ce à tort, sur presque tous les romans, noirs, polars et thrillers confondus.
Ici, ce n'est point le cas, pas l'ombre d'une mention "thriller" et ce n'est pas plus mal, le lecteur s'en rend compte tout seul comme un grand. 

Le procureur (le personnage, pas l'auteur) va tenter de percer l'énigme sur l'attentat dont il a été victime, non sans mal, car sa perte de mémoire ne joue pas en sa faveur.
Heureusement qu'il peut compter sur l'aide de sa greffière, qui semble d'une fidélité à toute épreuve.
En attendant, le tueur aux méthodes barbares semble impossible à appréhender.

Les chapitres sont extrêmement courts et je pense que c'est une technique d'écriture qu'il faut savoir maîtriser, l'auteur gère comme un maître.
Le roman garde sa fluidité et est agréable à lire, j'ai le souvenir récent d'une lecture où je me sentais totalement perdue, tant les chapitres étaient courts et les changements de scènes abrupts.

J'ai été confrontée à la vie d'une prostituée et je suis ravie de voir que si j'ai ressenti sa douleur face à son quotidien d’esclave sexuelle, d'autres personnes la ressentiront aussi.
Et avec un peu de jugeote, ils pourront se rendre compte que ce n'est pas une fiction et qu'il faut lutter contre la traite des êtres humains et de la prostitution forcée.

Je vais voir Nicolas Feuz ce week end et je plutôt contente de pouvoir approuver de dernier roman de façon positive.
Dans le cas contraire le débat aurait pu être intéressant également, enfin quoique, il m'est arrivé de me faire lyncher par une auteure dans un salon.
J'ai envie de dire tant pis, il faut savoir affronter ses détracteurs, mais surtout rester honnête dans ses retours de lecture.
Face à un homme qui travaille pour la justice, je suis presque sûre de trouver quelqu'un de fairplay et de juste.

Pas de doute, Nicolas Feuz est un très bon auteur de thriller suisse qui est en train d'investir la France, et ça, j'en suis enchantée.




Procureur de la République et canton de Neuchâtel et auteur de thrillers
Nicolas Feuz a étudié le droit à l'Université et obtenu le brevet d'avocat, avant d'être élu en 1999 comme juge d'instruction, puis en 2008 comme président du collège des juges d'instruction, et enfin en 2011 comme procureur de cette petite République helvétique. 
Père de deux enfants, il s'est lancé dans l'écriture de romans noirs en 2010. 


jeudi 18 octobre 2018

Superman ne volera plus de G. D. NOGUES






G. D. NOGUES

Superman ne volera plus













4ème de couverture : 
Toulouse, de nos jours. Un corps tombe au pied d'un immeuble situé à Compans-Caffarelli. L'homme est vêtu d'un costume de Superman. Il s'écrase à quelques mètres d'un SDF qui dort dans un carton. Qui est ce type ? Qu'est-ce qu'il faisait dix étages plus haut ? Qu'est-ce qu'il lui a pris de jouer les funambules ? Pourquoi a-t-il sauté ? Qui l'a poussé ? Vous voyez bien que vous vous posez aussi des questions. Ces questions, Gustave, SDF malgré lui, se les pose. Il est curieux, il veut savoir. En compagnie de Consuelo, chanteuse de rue obèse, de Spartacus son chien pétri d'arthrose et la fougue de deux vieux soixante-huitards Le Che et Gégé, ils vont mener l'enquête. Si vous avez aimé Le gang de la clef à molette d'Edward Abbey ou l'univers picaresque d'Eduardo Mendoza, vous aimerez forcément cette histoire.






Je ne peux pas vraiment dire que j'ai déjà lu un livre de G. D. Noguès, enfin si, mais c'est une co-écriture donc on dira à moitié seulement.
Voici mon avis sur Croix blanche sur fond blanc, écrit avec Antoine Léger.

Gustave dort sous ses cartons au moment où superman s'écrase dans son caddie.
Le brave SDF déplace le corps pour une petite virée toulousaine.

Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire devant la réaction de Gustave, la police va s'éclater à n'en pas douter, lorsqu'ils trouveront le macchabée et qu'ils chercheront à savoir s'il s'agit d'un meurtre ou d'un accident.
Le lecteur va très vite en apprendre plus sur cet homme de la rue, son enfance, sa jeunesse, sa vie d'homme, puis sa descente aux enfers.

Je me suis dit, mais cette situation est complètement surréaliste, le pauvre clochard n'a pas la lumière à tous les étages.
Ses amis non plus d'ailleurs, ils sont complètement barrés.
Contrairement à ma petite pensée en début de lecture, je n'ai pas vu l'ombre d'un flic.
Enfin si, j'en ai croisé un, que j'ai déjà rencontré dans les romans d'un autre auteur et je trouve le clin d’œil très sympa.

J'ai perçu un fond d'humour noir, un brin de loufoquerie et j'ai même cru à un vaudeville, jusqu'à ce que Superman montre son vrai visage.
On peut parler d'une lecture distrayante, c'est tout à fait ça, distrayante.







Gilbert Noguès, alias G-D. Noguès, est un artiste touche à tout inconditionnel, le cinéma, la bande dessinée, le dessin d'humour ou d'actualité, les costumes et les décors pour le théâtre. 
Après plus de trente années passées à publier les textes et les images des autres, G-D. Noguès ajoute avec "Gaz in Marciac" (2014), son premier roman, une nouvelle corde à son arc.
Sous le pseudonyme de Djebel, il est aussi reconnu comme artiste plasticien et expose régulièrement ses œuvres.
G-D. Noguès vit et travaille à Marciac.