mardi 18 septembre 2018

Noir Vézère de Gilles VINCENT





Gilles VINCENT

Noir Vézère














4ème de couverture :
Ils ont peint sur la roche l’azur du ciel, le rouge des blessures, l’ocre des toisons de la préhistoire, sans savoir qu’un jour, sans prévenir, dominerait le sombre du.... Noir Vézère.
Il y a dix‐sept mille ans, sous une colline de Dordogne, un homme dessine une des plus belles énigmes de l’histoire humaine. En 1919, deux rescapés de la Grande Guerre vont se glisser sous terre, poser leurs yeux sur d’impressionnantes fresques plus que millénaires. De nos jours, emmurés par accident sous les roches de Lascaux, une capitaine de Gendarmerie secondée d’un préhistorien chevronné vont mettre à jour une bien ancienne et mystérieuse scène de crime...
Dans ce roman mi‐préhistorique, mi‐polar contemporain, l’auteur nous offre un voyage fascinant au coeur de toutes ces énigmes. Nous conte la décision d’un homme ; transcender sa condition d’humain en celle d’artiste.






Voilà un moment que je n'avais pas lu un livre de Gilles Vincent, je pars confiante, je sais que l'auteur est doué.
J'avais tellement aimé Djebel, ne vous privez pas de le lire aussi.


Trois temps se confrontent avec un lien entre eux.
La préhistoire et sa vie libre et sauvage avec Ngem et ses essais artistiques.
L'après-guerre en 1919 avec Bouillon et Jean Delbos et leur chasse fructueuse.
Et pour finir, les temps modernes avec Frédérique la gendarme et Léo le paléontologue, dans les grottes de Lascaux.

Nous partons donc en Dordogne, c'est le département voisin de mon Lot natal et je le trouve tellement beau, à visiter obligatoirement.
Entre émerveillement et drame, les différents personnages vont de découverte en découverte.
Sujet très intéressant que la préhistoire, j'en discutais il y a peu avec les lecteurs de mon club de lecture local et nous disions que cette période de l'histoire est peu intégrée dans les romans noirs et romans tout court.
Il est vrai que nous n'étions pas là pour témoigner, ni même nos ascendants directs, c'est forcément plus difficile d'en parler.

Il est plaisant d'alterner entre les trois époques, c'est habituellement deux, les retours en arrière se fondent parfaitement et c'est très agréable à suivre.
J'avais très envie de lire un livre court et Noir Vézère a répondu à toutes mes attentes.





Gilles Vincent est un écrivain, auteur de romans policiers et d'un recueil de nouvelles.
Sa mère, Jeannie Thomas, était professeur de lettres. Elle est l'auteure d'un unique roman publié chez Grasset: " La peine de vie ". Son père, Bernard Vincent, est un universitaire de grand renom, historien et américaniste. Le grand-père maternel de Gilles Vincent, Eugène Thomas, (1903-1969), fut un homme politique français, ancien ministre et grand résistant.
Après trente-trois ans dans le Nord et onze ans à Marseille, Gilles Vincent décidé, en 2002, de poser valises et stylos à Orthez, dans le Béarn.
Commercial, il a mis un frein à son activité professionnelle afin de se consacrer à l'écriture.
En 2008, Gilles Vincent publie aux éditions Timée, un polar intitulé "Djebel" dont les droits audiovisuels ont été achetés par Isabelle Adjani qui envisage d'en réaliser l'adaptation cinématographique.
L'année suivante, il publie la suite de "Djebel", intitulée "Sad Sunday", qui vient d’obtenir le Prix Marseillais du Polar 2010. Fin 2010, paraîtra "Peine maximum", le troisième volet de ce qui est amené à être une tétralogie.
Gilles Vincent est également l'auteur d'un recueil de nouvelles "Les essuie-glaces fatigués rendent les routes incertaines", publié en janvier 2011 par la maison d'édition Eaux-Fortes.
Il est aussi l'animateur d'ateliers d'écriture en milieu scolaire, en prison, à l'hôpital...
Auteur de polars connu et reconnu, il a plusieurs fois été récompensé : prix Europolar 2014 pour "Djebel", prix Cezam Inter-CE 2014 pour "Beso de la Muerte" et prix du Mauvais Genre 2015 du Val Vert du Clain pour "Trois heures avant l'aube". 

lundi 17 septembre 2018

Arcanes Médicis de Samuel DELAGE





Samuel DELAGE

Arcanes Médicis














4ème de couverture :
Alors que la quiétude règne sur la villa Médicis, un cadavre est découvert un matin dans l’une des fontaines des jardins. Ce drame bouleverse les artistes pensionnaires et le personnel, d’autant que la victime est le fils du directeur de ce lieu incontournable de l’art et de la culture. Dépêché sur place, le commissaire Castelli conclut rapidement à un homicide et ne tarde pas à découvrir que la victime entretenait des liens ambigus avec les résidents. 

Dans ce huis-clos où chacun est un suspect potentiel, un jeu psychologique s’instaure avec le tueur qui, traqué et menacé, se révèle retors et particulièrement manipulateur. Les tensions montent. Le directeur ne peut se permettre de perturber le bon fonctionnement de l’institution et fait venir de Paris l’expert en art Yvan Sauvage qu’il charge de finaliser l’organisation d’une exposition dont le vernissage est imminent. Ce dernier retrouve à la villa Marion Evans, l’une de ses anciennes élèves, qui y effectue des recherches historiques. 

Un bras de fer s’engage alors avec le commissaire. Marion Evans se trouve en effet impliquée dans cette affaire bien au-delà de ce qu’elle-même imagine...







Samuel ! Samuel ! Samuel ! 
Oui je l'attendais cette sortie, ayant beaucoup aimé le précédent roman et appréciant aussi l'auteur lui-même, forcément...

Valente Peyron est retrouvé mort dans la villa Médicis, établissement réputé hébergeant des artistes et leurs projets, tenu par son père.
Une importante exposition doit avoir lieu prochainement, il est sûr que ce décès fait tache dans le milieu de l'art.

A peine commencé, je suis saisie par la beauté de l'écriture, il y a une sensibilité presque féminine à travers les premières pages.
Se retrouver à Rome est un plaisir pour les sens et permet d'aiguiser l'imagination, les descriptions sont nombreuses, du coup il est facile de s’imprégner de l'ambiance et des lieux.
J'ai apprécié de tomber sur une illustration, c'est rare dans les thrillers.

Il est très plaisant de retrouver Marion et Yvan, les deux personnages favoris des romans de l'auteur.
Les retrouvailles furent brèves, car ils ont vite été accaparés par des autorités italiennes plus que suspicieuses à leur égard.
Il faut dire que Marion étant la compagne du jeune homme tué et Yvan l'ex de Marion, ils vont avoir du mal à se sortir de ce mauvais pas.

L’amorce de l'enquête est vraiment top, j'ai cherché parmi les artistes résidents, j'ai tenté de réfléchir et de découvrir qui était le tueur, sans succès.
Samuel Delage revient en force avec son nouveau roman et je ne peux que me joindre aux divers avis rendus, enthousiastes et élogieux. 





Samuel Delage est auteur de romans à suspense, scénariste et chroniqueur livres sur France 3 Pays de la Loire. Il est également le créateur du réseau "Les Petits Mots des Libraires". 
Né le 4 juin 1978 à Angers, et ingénieur dans les systèmes d'informations, il a toujours entretenu une passion pour l'écriture.
Ses influences littéraires sont éclectiques, avec des classiques comme les récits de John Steinbeck, Ernest Hemingway et Jules Verne, en passant par des auteurs comme Steeve Berry, Dan Brown, Giacometti/Ravenne ou Stephen King. 
Samuel Delage créé une série romanesque avec des personnages récurrents, Yvan Sauvage (Expert en art et commissaire-priseur) et Marion Evans (Historienne de l'art).



mardi 11 septembre 2018

Comme un phare dans la tourmente de Wendall UTROI






Wendall UTROI

Comme un phare dans la tourmente









4ème de couverture :
Au soir de sa vie, Martial, paysan bourru, se remémore le parcours jalonné d’embuches de ses quinze dernières années. Notre vie d’adulte se façonne dans les premières années de notre enfance. Lorsque l’on évoque notre passé, il nous revient le souvenir d’un parent, d’une mamie, que l’on porte dans son cœur, et qui nous a soutenu dans cette étape délicate.
Voici l'histoire de Martial et celle de son petit-fils Antoine, qui, au travers des tourments d’une famille qui se consume et se déchire, vont apprendre à se connaître, et à s’aimer. Un récit intime, peuplé d’émotions, de joies et de chagrins, de peurs et d’amours qui parsèment nos mémoires d’enfants.

Une histoire qui ne vous laissera pas insensible. 




Martial a une relation toute particulière avec Antoine, son petit-fils.
Ce dernier passe le voir à l’hôpital tous les soirs après les cours, sentant bien qu'il passe ses derniers moments avec son papy malade et en fin de vie.

Je me suis reconnue dans cette forte relation, j'en ai vécu une également avec une de mes grand-mères, il faut dire que quand le courant passe c'est formidable et la proximité est un sérieux atout.

On intègre une famille avec ses tracas, ses joies et ses drames.
La violence physique est présente avec tout ce qu'elle peut balayer sur son passage, mauvais souvenirs, peur et traumatismes.

Wendall Utroi sait faire passer les émotions et serrer les gorges.
Je m'attendais à trouver un thriller ou un polar, mais non pas du tout on est plus sur du roman noir, à la limite de la littérature blanche, la frontière est fine.
J'ai ressenti une vague angoisse pendant ma lecture parce que je sentais bien qu'il se tramait quelque chose de dur et de dangereux.

L'auteur montre à la perfection comme il est difficile de se défaire de l'emprise d'un homme violent.
Une pourriture qui vous promet qu'il ne lèvera plus jamais la main sur vous, qu'il était fatigué, il s'excuse aussi beaucoup, mais forcément que c'est de votre faute, vous êtes tellement nulle.

J'ai terminé sur un sentiment aussi violent que tendre et doux, au final dans les larmes.
Et bien, en voilà des façons de traiter ses lecteurs.
Je valide cette lecture sans aucun doute.




Auteur français d'un premier roman à suspense "Un genou à terre", puis "Le dompteur de pluie", "L'enjeu", "Wanda" et "Comme un phare dans la tourmente". 

Facebook :https://www.facebook.com/profile.php?id=100011604967805
Site: www.wendallutroi.fr
Twitter : @WendallUtroi 


vendredi 7 septembre 2018

Le vase rose d'Eric OLIVA





Eric OLIVA

Le vase rose















4ème de couverture :
Et si votre pire cauchemar devenait réalité ?
Quand votre vie bascule, vous avez le choix : sombrer dans le chagrin ou tout faire pour vous relever.
Frédéric Caussois a choisi.
Pour lui, aucun compromis, il doit savoir, connaître la vérité.






Ce soir, Frédéric est en retard, Tao est le dernier à quitter l'école.
Ils se dépêchent de passer à la pharmacie, pour récupérer le sirop du petit garçon qui a développé un zona.

Le décès et l'enterrement du petit garçon ont été difficiles à lire pour moi, c'est simple il s'agit là de mon pire cauchemar.
J'ai vite été rattrapée par la curiosité et l'envie de connaître la vérité.

La douleur des parents est parfaitement retranscrite, mais elle se fait plus discrète au fil de l'avancée de la lecture.
L'attention est accaparée par l'enquête qui implique d'autres personnages et aussi cruelle que soit la vie, elle continue pour eux.

J'ai terriblement apprécié la partie sur les violences conjugales, on se rend bien compte que c'est plus fréquent qu'on ne le croit.
Les dégâts sont irréversibles sur les enfants, même si souvent ils ne sont que témoins, ils sont autant victimes que la personne maltraitée physiquement.
Que ce soit des voisins, de la famille, des inconnus, il faut lutter contre ce fléau qui décime un nombre de femmes incalculable.

Mon angoisse est montée doucement, mais sûrement, il est évident que le responsable ne souhaitant pas être démasqué, le jeu de dupe va devenir dangereux.

Une lecture appréciable.




Eric OLIVA est né en Juillet 67.
Après avoir vécu plusieurs années en région parisienne, il revient aux sources et s'installe avec sa compagne sur la Côte d'Azur.
Fonctionnaire de Police en activité. 








mardi 4 septembre 2018

Power de Michaël MENTION





Michaël MENTION

Power















4ème de couverture : 
« Ici, comme dans les autres ghettos, pas d'artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c'est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. »

1965. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties.

Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité. 






J'adore les auteurs capables d'écrire des livres totalement différents les uns des autres, capables de prendre des virages brutaux, "Power" est un bel angle droit.

Boby et Huey rêvent de monter un parti pour défendre la cause des noirs et la faire évoluer.
Ils ne peuvent pas rester inactifs, ce n'est pas possible, surtout après le meurtre de Malcom X en plein discours....

Pour moi l'auteur tient the sujet, j'ai trop peu vu passer de sorties de livres sur la révolte des noirs aux Etats-Unis ou même carrément pas.
De ça aussi il faut parler pour ne pas oublier et n'oublions surtout pas que l'histoire se répète à volonté, l'homme est trop cupide pour ne pas écraser les autres.
Le racisme anti-noir n'a jamais cessé.

Je n'ai pas connu l'esclavagisme et j'ai retenu la tolérance et le respect de l'autre de mon éducation, je ne pourrais sans doute jamais comprendre comment on peut traiter un être humain comme un sous-homme, car sa peau est différente de la mienne.
A quatorze ans je me flinguais les cordes vocales face au groupe Lofofora qui chantant "une seule race pour plusieurs couleurs", un concert grandiose et marquant.

Toute cette douleur, cette oppression , les meurtres, les bavures policières, je les ai ressentis dans ce roman et je les ai pris en pleine figure, c'était tellement fort, tellement puissant.
Aujourd'hui, on peut dire que les bavures policières et le racisme restent, mais il existe une arme qui a fait défaut dans les années 60.
On peut critiquer les réseaux sociaux autant que les gens collés perpétuellement à leur portable, en attendant il y en aura toujours un pour filmer les injustices.
Je me souviens d'un tabassage horrible, une jeune américaine prise à partie par des policiers blancs, son seul crime était d'être noire et elle l'a payée durement.

Ce roman noir a une sacrée consistance, les recherches et la documentation ont dû prendre énormément de temps.
Bien que romancé, on sent bien que la réalité est juste à côté, on peut visualiser les deux lignes parallèles, toutes proches.

On peut méconnaître l'histoire, mais pas Martin Luther King, cet homme apparaît comme un monument et j'ai adoré le retrouver.
Très vite, l'auteur a choisi de découper ses chapitres en donnant à chaque fois la parole à un personnage différent.
Les femmes ne sont pas oubliées dans le combat, certaines très jeunes, n'ont pas hésité à revêtir les vêtements et le béret noirs, sans oublier l'arme qui va avec.

Les personnages sont très hétérogènes, blancs, noirs, flics, Black Panthers, membre de la CIA, j'ai pu goûter aux divers points de vue sur le sujet.
Je me suis retrouvée au milieu d'une vraie guerre où coups bas, injustices et trahisons deviennent le quotidien de tous.
Il est sacrément dangereux de s'élever contre une population qui à la main sur la minorité et tout pouvoir pour la maltraiter et la décimer.

Aujourd'hui je suis féministe et je lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, en tournant les dernières pages, je me dis que dans une autre vie j'ai dû être une militante black.
Dans mon enfance il y a eu "La case de l'oncle Tom" qui m'a terrassée et ouvert les yeux sur l'horreur de l'esclavage dû au racisme et dans ma vie d'adulte il y a eu "Power".






Michaël Mention est romancier et scénariste. 
Adolescent, il dessine des bandes dessinées et intègre, en 1999, un atelier d’écriture à l’Université du Mirail à Toulouse. Par la suite, il glisse des chroniques aux nouvelles jusqu’à l’écriture en 2008 de son premier roman, "Le Rhume du pingouin". 
Il devient une étiole montante du polar avec "Sale temps pour le pays" (Grand Prix du roman noir français au Festival de Beaune en 2013) ainsi que "Et Justice pour tous" (Prix Transfuge du meilleur espoir polar en 2015), tous deux publiés chez Rivages. 
Il est aussi l'auteur d'un récit documentaire, "Fils de Sam" (2014), et de "Jeudi noir" (Ombres noires, 2014), un roman sur le match de football France-Allemagne de 1982. 

vendredi 31 août 2018

Maudite ! de Denis ZOTT






Denis ZOTT

Maudite !














4ème de couverture : 
Pour survivre, elle doit faire face à ses pires cauchemars. 

" Marseille à feu et à sang dans un polar incandescent. " Hubert Artus

Marseille. En face du stade Vélodrome, le dixième étage des Mimosas est en flammes. C'est l'appartement de Tony Beretta, petit dealer mais légende parmi les supporters ultras de l'Ohème.
Une jeune femme, blessée, parvient à s'échapper du brasier. Luce, seize ans, une gueule d'ange, enceinte jusqu'aux yeux, n'est pas partie les mains vides : elle s'est enfuie avec l'argent et la drogue de Tony.
Et l'argent et la drogue, ça attire du monde. Canari, le flic pourri de la BAC. Les hommes de main de Tony. Ceux du Libyen, jeune caïd qui a pour ambition de renverser les anciens, tel le vieux Topin. Et même Yasmina, l'infirmière trop belle pour être innocente, qui veille sur Luce et ses jumeaux. Impossible, pour Luce, d'espérer se sortir seule de ce piège qu'est devenue sa ville.
Mais à qui faire confiance, et comment survivre et protéger ses bébés, quand sa propre mère dit d'elle qu'elle est maudite, et que son ange protecteur pourrait bien s'avérer être un démon ?
Pour trouver la lumière, Luce n'aura d'autre choix que de faire face à ses pires cauchemars.






Grosse envie de lire cet auteur et parfois il faut s'écouter.

Un soir de match de foot important, Luce tente de se faire toute petite dans l'appartement de son compagnon.
Pourtant, la vessie comprimée par les jumeaux qu'elle attend, elle va devoir se rendre aux toilettes et quand elle allume interrupteur, la télé s'éteint.
Tony va lui faire payer cette coupure électrique au prix fort...

J'ai été éprouvée par la scène qui introduit le roman, c'est vraiment bien rédigé, et je pense que ça doit être difficile à écrire, c'est violent.
Je l'ai appris cette année avec la coupe du monde de football, il se trouve que les soirs de match, la police enregistre une explosion de violence conjugale. 
Je ne parle pas des idiots qui se déchaînent sur le mobilier urbain que nous renouvellerons avec nos impôts ou des pauvres commerçants qui se font fracasser les vitrines.
Bon vous l'aurez compris je n'aime trop le foot, du moins son état d'esprit, son fric puant et et non rien, je n'ai pas du tout été gênée par ce sport pendant ma lecture et ça, c'est un joli tour de passe-passe de l'auteur qui a su rester subtil.
Pour revenir à nos moutons, je parle de femmes battues, vous imaginez bien, si on gagne on frappe parce qu'on est excité et si on perd, il faut bien que quelqu'un le paye.
Comme je suis naïve, j'étais tellement loin d'imaginer ça, du coup je trouve que cette scène est douloureuse, mais salutaire, elle permet de dénoncer, volontairement ou non et elle est très réaliste.

D'ailleurs, Luce est particulièrement touchante, cette sale gosse de 16 ans qui fait n'importe quoi comme par exemple se droguer, ça n'engage que moi, mais elle ne mérite clairement pas sa chance d'être maman.
Il faut se le dire, tout le monde ne l'a pas.
Pourtant, l'instinct maternel peut pointer son nez de façon inattendue, voire désespérée.


Je ne vous livrerais pas les détails, mais des personnages assez surprenants sont intégrés à l'histoire, surprenants de par leurs agissements.
C'est réalisé avec une bien belle maîtrise.

Un ami lecteur m'a prédit un orgasme littéraire et une lectrice a comparé Denis Zott à une des plus grandes auteures de thriller français, c'est vous dire si les retours de lecture sont bons.
J'ai donc avancé à tâtons parce qu'il n'y a rien de pire que d'en attendre trop et d'être finalement déçue.
Chaque ressenti de lecture est différent.
Je confirme que c'est carrément bon, excellent même, ça envoie grave et ça tabasse dans la cité marseillaise.
Je reste sur une très bonne impression entre l'action et le danger vécus.





Denis Zott est un alsacien de souche qui travaille dans la communication des collectivités locales, de préférence balnéaires, ce qui lui a valu de traverser plusieurs fois la France d’une mer à l’autre, des Sables d’Olonne à Saint-Tropez, en passant par le Berry. 
Durant ses loisirs, quand il n’écrit pas à la terrasse d’un bistrot, ce randonneur acharné parcourt montagnes et déserts. Sa devise : « Mes racines, je les plante dans les étoiles ; c’est la meilleure façon de voir la Terre ». 
"La Chute du cafard" est son premier roman. 



jeudi 30 août 2018

Sang Froid n°10







Eté n°10









D'entrée, les journalistes de Sang Froid amorcent les premiers articles de la revue avec le sujet qui fâche : l'argent.
Notamment autour du football et on s'en doute, partout où des sommes démesurées circulent, on retrouve des méthodes...particulières...

Le dossier sur le détecteur de tueurs en série est intrigant, je sais qu'il plairait à bon nombre de mes amis lecteurs de noir.
Nous sommes incorrigibles, n'est-ce pas?

Affaire de corruption, politiciens, stars du show-biz et ancien président de la République français, nous ne savons pas tout c'est sûr et c'est à pleurer de rire ou pas, au choix.

Les migrants et la mafia italienne toute une histoire, quand la misère humaine rapporte gros.
Jusqu'à présent, je n'avais pas parlé des conseils de lecture judicieux, ainsi que des cadeaux à gagner par les abonnés de la revue.
Quoi de plus sympa que de pouvoir lire un magazine du noir très régulièrement et en plus de gagner des livres.
Vous trouverez aussi de l'information littéraire comme les dates des salons du livre.

Cette saison, c'est Sandrine Colette qui nous livre sa nouvelle.
Je continue de tourner les pages et je tombe avec grand plaisir sur le portrait d'un auteur suisse, rencontré lors d'un salon du livre à Fargues Saint-Hilaire, j'ai nommé Nicolas Feuz.
Auteur que j'ai lu et que j'apprécie pour sa simplicité et sa sympathie, il est impossible de le deviner procureur de profession avec ses tatouages et "sa belle gueule un peu cassée" (ouf c'est le journaliste de Sang Froid qui le dit, si, si).
Son nouveau roman vient de sortir, je vous livrerai mon avis très bientôt.

Je relève beaucoup d'éléments, bien entendu je vous fais l'impasse de bien d'autres et heureusement, j'espère juste vous mettre l'eau à la bouche parce que je crois en ce que je défends.



mercredi 29 août 2018

Le festin de l'aube de Janis OTSIEMI





Janis OTSIEMI

Le festin de l'aube














4ème de couverture : 
En pleine nuit et sous une pluie tropicale, une femme surgie de nulle part vient se jeter sous les roues de la voiture du lieutenant Boukinda. Bouleversé par ce tragique accident, il veut savoir d'où sort cette inconnue, d'autant que son décès semble suspect... Au même moment, à quelques kilomètres de là, plusieurs individus pénètrent dans un camp militaire et s'emparent de nombreuses armes et d'un stock d'explosifs. Plus tard, c'est dans une ville en ébullition, gangrénée par la drogue, la violence et la pauvreté, qu'un braquage sanglant transforme le quartier en zone de guerre... Les forces de sécurité, en alerte maximum, sont à la recherche de truands visiblement déterminés. Et c'est tout à fait par hasard que ces deux affaires, apparemment sans aucun rapport, vont se télescoper et révéler un terrible complot... 
Sur fond de haine, de repli identitaire et de crise électorale, flics et gendarmes vont alors devoir s'épauler pour tenter de déjouer cette conspiration...





Je pars rarement dans les pays africains lors de mes lectures, c'est dommage, en même temps il doit être difficile pour un auteur d'écrire sur un pays qu'il ne connait pas.
Bref, je rentre de vacances et l'idée de refaire mes valises, mêmes imaginaires, est séduisante et c'est au Gabon que nous partons, pays de naissance de Janis Otsiemi.

Boukinda et jacqueline rentrent au milieu de la nuit, du mariage d'une cousine et ont un accident.
Alors qu'ils pensaient avoir percuté un animal, ils vont vite se rendre compte qu'il s'agit d'une femme en partie dénudée.
Le médecin va rendre des conclusions surprenantes sur ce qu'a subi la jeune femme.

On rentre immédiatement dans la course, Boukinda est flic et avec son collègue, ils vont tout faire pour avancer l'enquête de la mystérieuse accidentée.
J'ai apprécié ma lecture et c'est avec la même force que j'ai appris ce qui était arrivé à la jeune femme.
Je me suis sentie triste même si elle n'est pas réelle, triste pour toutes ces femmes qui tombent sous les sévices de leur bourreau. 

L'auteur a choisi de croiser deux dossiers et j'ai remonté tranquillement le cours de l'enquête avec le duo de policiers.
Vous verrez l'utilisation des verbes est peu commune, dialecte africain ou vocabulaire de Janis Otsiemi, je ne saurais infirmer l'un ou l'autre même si on peut avoir sa petite idée.
Dans ce roman un portable grelotte dans une poche ou encore on éjacule une réponse.

C'est une découverte sympa que j'avais envie de faire depuis un moment.





Janis Otsiemi est né à Franceville dans la province du Haut-Ogooué en 1976 au Gabon.
Ancien élève du Collège Public d'Akébé (Collège Georges Mabignat aujourd'hui), il intègre en 1998 la Fondation Raponda Raponda Walker comme Membre permanent. Après un bref passage au Gouvernorat de l'Estuaire, il est actuellement Secrétaire Général Adjoint de l'Union des Écrivains Gabonais (UDEG) et Directeur de la Collection « Polar d’Afrique » aux Éditions du Polar.
Romancier, poète et essayiste, Janis Otsiémi a publié un roman "Tous les chemins mènent à l'Autre" ( Prix du jeune écrivain gabonais) aux Éditions Raponda Walker (Libreville 2002) et aux Éditions Ndzé (Paris, 2002).
Il a été lauréat du Prix du centenaire de la naissance du président Léon Mba pour son recueil de poèmes "Chants d'exil."