jeudi 2 avril 2015

Burn Out de Didier FOSSEY









Didier FOSSEY
Burn Out


















4ème de couverture :
Paris. Avril 2014.
Une série de vols d'objets d'art a lieu dans les cimetières parisiens. 
La police est sur le coup, mais lors d'une nuit de planque un policier se fait assassiner. 
Pas de témoins. Peu d'indices. Ses collègues présents sur place n'ont rien vu.
Boris Le Guenn, chef de groupe de la B.A.C. au 36 quai des Orfèvres, est saisi de l'affaire, il devra faire face à la descente aux enfers de l'un de ses hommes...
Le temps passe. Les vols se multiplient, les crimes aussi, et les pistes sont minces. Boris Le Guenn et son équipe doivent mener à bien ces affaires non sans danger pour eux, tant sur le plan professionnel que personnel.
C'est un monde désenchanté, un monde dans lequel l'histoire ne se termine ni bien ni mal, elle se termine c'est tout. 
Certains flics boivent pour oublier, d'autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible.
Burn-out, nuits de planques et de filoches. Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui l'on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons et leur paquetage s'alourdit de quelques cauchemars... 




En lisant la 4ème de couverture on apprend que l'auteur était dans la police nationale, je me suis dit ok c'est toujours un atout pour la crédibilité, il utilise le jargon de la maison, leur langage à eux si particulier.
Ce roman raconte une histoire mais y sont joints les détails de la vie de ces policiers qui peuvent passer des heures à planquer, à filocher ensemble ou encore dans des interventions, ça rend le travail en équipe moins virtuel pour le lecteur.
En l’occurrence ce n'est pas le dos de la cuillère qui a été utilisé, on apprend leur quotidien et tout ce qui le caractérise avec ses particularités tant le phrasé est cash et direct.
Le policier (merci de comprendre le policier en général) est rendu à l'état d'être humain, sa confrontation à l'horreur au quotidien ne se lave pas, le policier n'oublie pas il fait avec...

J'ai assisté à la détresse des personnages face à la perte d'un collègue, la peur, la douleur, alors certains se perdent et se rattrapent comme ils peuvent, par la violence, l'alcool, chacun sa méthode, son exutoire.
Bien sûr il n'est pas dit que tous les flics sont de sombres alcooliques mais chacun à ses problèmes et des difficultés à concilier la famille et le boulot, on comprend que c'est un métier prenant et exigent.

Depuis des mois, des cimetières parisiens se voient délester de leurs objets en bronze, des objets d'art.
Franck et son équipe planquent devant celui du père Lachaise, ne voyant pas revenir un des leurs ils se lancent à sa suite et le retrouve grièvement blessé.
A travers le roman on va suivre cette enquête avec deux équipes différentes, chacun planchant sur plusieurs affaires, le manque d'effectif va se faire sentir.
Les conditions de travail en sont forcément moins bonnes, voire bafouées, l'épée est toujours plus lourde à maintenir au dessus de la tête.
Guillaume en est l'exemple parfait, sa vie privée part dans tous les sens car il n'arrive plus à faire face, on assiste doucement mais sûrement à sa descente aux enfers.
La question est : les pilleurs de cimetières, devenus criminels seront-ils retrouvés et punis pour leurs actes? 

J'ai passé un bon moment de lecture.
L'écriture de Didier Fossey est brute, sans détours, l'auteur a des choses à dire et il les dit, sans détours...
Le mot de la fin est laissé à Charlie Chaplin et il est beau, en gros ça dit : la vie est dure mais elle en vaut le coup, alors vis !! Le message est passé...





Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard. 

2 commentaires:

  1. J'ai retrouvé avec ce bouquin le même ancrage dans la réalité qu'avec les titres d'Olivier Norek... Sans doute parce qu'ils sont tout d'eux d'anciens flics. Du coup on porte un autre regard sur la police.

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    1. C'est vrai la saveur en est différente !!

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