jeudi 15 septembre 2016

Une forêt obscure de Fabio M. MITCHELLI







Fabio M. MITCHELLI

Une forêt obscure


Collection La Bête Noire 

Sortie le 
15 septembre 2016









4ème de couverture :
« Je n'ai rien d'un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l'esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse. » Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d'Anchorage. 
À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu'il torture, puis celles de son amant qu'il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin... Jusqu'à la forêt de Tongass, là ou le mensonge corrode tout, là ou les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.
Ce roman est librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta en 2012, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen, qui a violé et assassiné 17 femmes entre 1971 et 1983.





Je me suis glissée dans le nouveau roman de Fabio Mitchelli avec une facilité hallucinante, à peine quelques lignes ont suffi à me happer dans cette forêt obscure.


Carie Callan est flic en Alaska, elle reçoit une jeune fille en état de choc dans son bureau, cette dernière a subit des violences, reste à déterminer lesquelles avec précision.
Lors de la discussion avec la psychologue qui a tenté d'en savoir plus, la jeune fille a un geste dramatique peu commun...
En parallèle Louise Beaulieu, canadienne, recherche Luka Ricci qui a tué son amant d'un soir avec un pic à glace et l'a coupé en morceaux dans la foulée.
 Y a-t-il un lien entre les deux affaires? Un dénominateur commun qui va permettre de couper court à ces atrocités...

J'aime savoir que l'auteur s'est inspiré de faits réels et de monstres ayant existé, ça donne un je ne sais quoi d'hypnotisant et de terrifiant.
D'ailleurs on a tous entendu parler du tueur Canadien Luka Rocco Magnotta, la curiosité et l'intérêt donnent immédiatement envie de pianoter sur google.
Le travail de recherche est remarquable.
Certaines scènes sont glauques et glaçantes et c'est tellement bon, on met les pieds dans ce qui existe de plus noir, au moins on est prévenu.

A contrario j'ai aimé voir aborder une maladie orpheline sur un petit personnage du roman, c'est extrêmement  triste mais tellement bien traité.
Tout ça pour dire qu'au milieu de toute cette noirceur il y a aussi des sentiments et de l'amour, c'est un beau mélange.

Plusieurs histoires sont alternées au fil des chapitres, on sent clairement que le montage d'une intrigue entremêlée a pour but de prendre le lecteur par surprise quand elles se rejoindront.
Et justement la découpe des chapitres est savamment orchestrée.
Je me suis même dit : ah bah non il ne peut pas couper comme ça et nous laisser la langue pendante jusqu'au sol... et pourtant si c'est bien le cas.
Pourquoi ne pas asséner un bon coup derrière la tête des lecteurs, c'est personnellement ce que je recherche et ne sommes-nous pas tous en mal de sensations?
C'est plus que réussi, vous allez être servis, chers amis.

J'ai dû passer par plusieurs couleurs, j'ai eu peur, j'ai à plusieurs moments arrêté de respirer, sans oublier l'excitation d'avancer dans les enquêtes.

Criss, quel talent, ce thriller est trop trop bon et je ne suis pas du tout étonnée que la bête noire ait entraîné l'auteur dans son antre, nous sommes face à un page-turner.
Ce dernier est devenu un performer, dans le sens où la qualité de ses romans a progressivement explosé, les intrigues sont sérieusement étoffées, on est bien loin de la facilité.
Je comparerais mon ressenti à une douce ivresse rassasiée, je dirais même plus à un orgasme littéraire et oui il est bien là.

Le mieux est encore de pénétrer à votre tour, dans la forêt obscure pour vérifier mes dires, soyez sur vos gardes c'est un conseil d'ami.



Fabio M.Mitchelli, né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques, romans et nouvelles. Il a signé « La trilogie des verticales » parue aux éditions Ex-aequo entre 2010 et 2012, dont La verticale du fou, le premier opus de ce singulier triptyque, a été classé dans le top 3 des romans les plus téléchargés sur le territoire français en 2011 au côté de David Foenkinos.
1988 : Fabio M.Mitchelli découvre Edgar Allan Poe et se passionne pour ses œuvres. "Double assassinat dans la rue Morgue" sera son premier émoi littéraire et le déclencheur d'une passion pour l'écriture et la littérature noire.
1996 : Fabio M.Mitchelli découvre Maurice G. Dantec et plus particulièrement "Les racines du mal" qui, pour lui, fut une révélation et une véritable source d'inspiration qui forgera son style.
2010 : Les éditions Ex-aequo donneront sa chance à l'auteur en publiant son premier thriller fantastique : "La verticale du fou".
Les lectures et le cinéma de Stephen King, Thomas Harris, Jean-Christophe Grangé, David Lynch, Tim Burton et David Cronenberg continuent encore aujourd'hui d'inspirer l'auteur pour l'architecture de certains de ses ouvrages. Fabio M.Mitchelli se consacre désormais à l'écriture de romans et thrillers psychologiques inspirés de faits réels. Il vit actuellement en Savoie.
"Le cercle du chaos", paru aux éditions Ex-aequo en février 2013 a reçu le Prix spécial Dora-Suarez 2013.
"La compassion du diable", paru aux éditions Fleur Sauvage en octobre 2014, a reçu le Prix du polar Dora-Suarez 2015, et a été finaliste du prix Saint-Maur en poche 2016. 




6 commentaires:

  1. Comme c'est la bestiole noire il est évident que je le lirai. Ca me fera l'occasion de faire connaissance avec l'univers de l'auteur.

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    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Il m'a fallu un peu de temps pour y rentrer mais une fois dedans ça le fait grave. C'est vraiment un super boulot de recherches mais aussi un travail minutieux pour en faire quelque chose de cohérent. Arriver à construire un univers complexe à partir de faits divers et que ce soit clair...

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