mercredi 23 novembre 2016

La prunelle de ses yeux d'Ingrid DESJOURS







Ingrid DESJOURS

La prunelle de ses yeux



















4ème de couverture : 
Il est aveugle. Elle est ses yeux. Elle pense le guider vers la lumière. Il va l'entraîner dans ses ténèbres. 
Gabriel a tout perdu en une nuit. Son fils de dix-sept ans, sauvagement assassiné. Ses yeux. Sa vie... Les années ont passé et l'aveugle n'a pas renoncé à recouvrer la vue. Encore moins à faire la lumière sur la mort de son enfant.
Quand un nouvel élément le met enfin sur la piste du meurtrier, c'est une évidence : il fera justice lui-même. Mais pour entreprendre ce long et éprouvant voyage, Gabriel a besoin de trouver un guide. Il recrute alors Maya, une jeune femme solitaire et mélancolique, sans lui avouer ses véritables intentions...
La cécité de conversion est une pathologie aussi méconnue qu'effrayante : suite à un profond traumatisme psychologique, vous êtes aveugle. C'est ce qui est arrivé au personnage principal de ce roman. 





Ayant déjà lu Ingrid Desjours, je savais à l'avance que cette auteure est terriblement talentueuse, par contre je ne connaissais rien de personnel et la lecture de sa biographie est impressionnante.

Victor intègre une école prestigieuse qui forme les élites et il doit réussir, son père y veille, il peut presque le sentir au-dessus de son épaule.
Le jeune homme sourit et donne le change, mais il ressort une personnalité plus complexe et retorse.
Jusqu'au jour où tout dérape...

Je sors d'une opération volontaire des yeux et même si c'est bien dérisoire comparé à une cécité de conversion (suite à un violent traumatisme) j'ai pu me rendre compte à quel point on peut se sentir dépendant et vulnérable.
Il s'agit d'un handicap d'une violence extrême, difficile à réaliser pour une personne en capacité de tous ses moyens visuels.
J'ai été très curieuse de savoir comment le sujet serait traité, c'est peu commun.

Dès le début, on peut ressentir l'imminence d'un drame, lequel, on ne le sait pas mais ça bout, la température monte très vite et la tension est forte.
Le lecteur navigue entre passé et présent, à petits pas prudents et la corrélation entre les deux est prodigieuse.
Je ne sais pas s'il faut une intense réflexion pour atteindre un tel niveau de qualité, mais je suis scotchée.

Manipuler l'autre pour atteindre son but reste un jeu dangereux, il faut savoir garder la tête haute et ne pas se brûler les doigts.
D'ailleurs, on ne peut pas évoquer les grandes écoles sans en venir au bizutage, soit les séances d'humiliation violentes pour les nouvelles recrues.
Combien se terminent mal ?

Dans la 4ème de couverture, il est mentionné le décès du fils de Gabriel et j'ai tellement souffert à ses côtés, ce personnage m'a fait ressentir le pire, cette douleur qui vous rongera toute votre vie.
A contrario, Gabriel avance dans sa quête et c'est salutaire pour aller mieux, enfin tout est une question de point de vue.

L'auteure possède l'art de rendre les lignes irrésistibles, il est impossible de décrocher.
Si vous aviez prévu une autre activité, vous pouvez l'annuler de suite, parce qu'une fois commencé vous subirez une forte attraction et croyez-moi vous n'aurez qu'une envie, celle de vous laisser faire.

Un roman poignant, mené justement avec poigne, j'ai pris une gifle magistrale décuplée par le talent de l'auteure.
Le dénouement et les révélations qui en découlent sont fabuleux.
C'est simple, c'est passionnant.

Le grand frisson vous tente ? Avec Ingrid Desjours il est garanti, c'est une grande.





Ingrid Desjours est psychologue spécialisée en psychocriminologie et écrivaine. 
Après quelques années de pratique en Belgique, notamment auprès de criminels sexuels (bilan psychologique et thérapie), elle décide d’exercer dans divers pays d'Europe, les fonctions de formatrice, responsable de communication et consultante en management... 
En 2007, elle se retire en Irlande pour écrire son premier thriller. Depuis, elle se consacre entièrement à l’écriture de romans et de scénarios pour des séries télévisées. 
Ses trois premiers romans, "Écho" (2009), "Potens" (2010) et "Sa vie dans les yeux d’une poupée" (2013) ont été plébiscités tant par le public que par les libraires. 
Elle a également animé l’écriture de Connexions, un polar interactif édité en partenariat avec l’émission "Au Field de la nuit" (TF1). Son dernier-né, "Tout pour plaire", a été conçu comme une série télévisée.
Ingrid Desjours publie également des sagas fantastiques chez Robert Laffont sous le pseudonyme Myra Eljundir: la trilogie "Kaleb" et la future trilogie "Après nous", dont le premier tome est paru fin 2015. 
Elle vit actuellement à Paris. 


Aucun commentaire:

Publier un commentaire