vendredi 16 novembre 2018

Enfermé.e de Jacques SAUSSEY





Jacques SAUSSEY

Enfermé.e















4ème de couverture :
Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l'océan, jaunes et violets contre le ciel d'azur. 
Elle était allongée au soleil, l'herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd'hui, l'astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l'odeur était celle d'une marée putride qui se retire. Les papillons s'éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l'air lui manquait. Lui manquait... Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d'un seul coup à la surface. Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges... 








Vous êtes prévenus, j'adore ce que fait Jacques Saussey dans ses livres.

Virginie va apprendre dès le plus jeune âge que la vie peut être ignoble et sans aucune pitié.
Lors d'un cambriolage, un de ses complices va tuer une personne et c'est elle qui va payer l'addition.

Mais quel excellent sujet, mais oui on n'en parle pas assez, car ça doit être encore un énorme tabou, il faut dire qu'il y a énormément de souffrance derrière.
On parle de transgenre, un garçon ou une fille né.e dans le mauvais corps.
L'expression se sentir mal dans sa peau, prend alors tout son sens.
Considéré comme maladie mentale pendant des décennies, on imagine le carnage dans la tête des concernés.
Tout comme l'homosexualité finalement, sauf que dans l'homosexualité il n'y a que de l'amour, pas de douleur.

Nous voici sur un registre noir, abyssal même, mais totalement différent de ce qu'il a fait jusqu'à présent, c'est le but d'une nouveauté.
Ca fait mal, ça fait très très mal, accompagner Virginie en prison est un vrai parcours du combattant et même pire, ce qu'il s'y passe est horrible, totalement inhumain.
C'est un vrai no man's land, alors pour elle c'est double peine.

Je ne connais pas d'enfant ou d'adulte mal né ou né avec le mauvais sexe plutôt.
Le témoignage de l'auteur, à la fin de son roman est poignant, il nous apprend qu'une personne sur 500 est concernée en France, ça donne un certain chiffre en effet.
Quand on voit comment les gens sont restés au Moyen âge, ça fait peur, parce que la douleur dont je parle vient de là.
Le problème vient de là, du regard des autres, du jugement et des moqueries des autres, le problème c'est les autres.
Même si les mentalités n'évoluent pas, il existe des traitements et des moyens pour se sentir mieux dans son corps et dans sa tête.

Il y a quelque chose que je ne comprendrais jamais, ce sont les hommes qui traitent les hommes transsexuels de tapette ou de pd, mais qui sont les premiers à les violer, comme en prison par exemple.
Il y a bien un problème quelque part, non? De toute façon, un violeur n'a aucun honneur à la base et ne vaut rien en tant qu'homme.
Un violeur se cache derrière une pulsion comme un animal sauvage, c'est étrangement trop facile.

Je me sens touchée par cette injustice de la nature, parfois elle merde dans les grandes largeurs.
J'espère sincèrement que beaucoup de transsexuels s'en sortent dans la vie et qu'à un moment, les brimades, le harcèlement et les violences s'arrêtent.
Existe-t-il de bonnes expériences? Sans douleur? Je le souhaite, en tout cas, pas dans Enfermé.e, le dernier roman de Jacques Saussey...







Jacques Saussey est un écrivain et un auteur de romans policiers.

Il a commencé à écrire ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux nouvelles ont été primées dans des concours ("Quelques petites taches de sang" en 2002 aux Noires de Pau, et "Alfred Jarry est mort" en 2007) et une éditée en BD ("Le joyau du Pacifique", en 2007). 
"La Mante Sauvage" est son premier polar. Son deuxième thriller "De Sinistre Mémoire" est paru en 2010 aux Éditions des Nouveaux Auteurs.
Actuellement il travaille comme cadre technique dans une grosse société.
Il a pratiqué le tir à l'arc de compétition pendant dix ans, de 1985 à 1995, avec à la clef un titre national individuel en 95 et un par équipe en 92.
Il vit dans l’Yonne.
le blog de l'auteur:
http://jacques-saussey.over-blog.com/




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