dimanche 19 juin 2016

Qu'ils crèvent ! de Michel VIGNERON








Michel VIGNERON

Qu'ils crèvent !











4ème de couverture : 
Qu'ils crèvent ! Quelques heures de la vie de deux policiers de la BAC de Guyane, à la poursuite de tueurs qui ont massacré une vieille femme et un adolescent dealer de crack. Sur fond de règlements de comptes sordides et de trahisons, une traque violente dans les bas-fonds de Cayenne. « Dans le fond de la case, l'huile était devenue folle et fournissait de gros bouillons bruyants. Elle manifestait une envie évidente de sortir de la marmite, de se répandre dans le bouiboui pour y foutre le feu. La fumée blanche qu'elle dégageait était âcre et piquait à la gorge. » « Ecoeurant ! » Lucienne Cluytens



Quand on est habitué à lire Michel Vigneron, on sait qu'on va en baver, que la dentelle c'est pas son truc.
Ça tombe assez bien en fait, j'ai besoin de me faire bouger de temps en temps.
"Qu'ils crèvent" rien qu'avec le titre je sens que ça va envoyer fort et je suis prête.


Mes précédents avis : 


Une fois rentré chez sa mère Nikson se fait surprendre par les gros bras d'un trafiquant, il bave trop et en plus arnaque le boss en question, ça va être sa fête.
José et Gaby, deux policiers de la BAC guyanaise vont chercher à remonter la trace des tueurs pour les faire payer au centuple le double meurtre.
La mère de Nikson a quasiment élevé José et il a bien l'intention de mordre...

Comment ne pas dégoupiller et basculer de l'autre côté quand un flic voit le corps martyrisé et refroidi prématurément d'un proche ou d'une connaissance appréciée.
L'auteur a encore choisi un sujet d'actualité, enfin c'est un dommage collatéral du sujet initial, la souffrance psychologique au travail.
La police est un secteur particulièrement éprouvé par ce phénomène récurrent.
La digestion de l'horreur peut s'avérer plus difficile pour certains, après tout ce ne sont que des hommes.

Le jargon policier est utilisé et rend le tout décontracté mais dur à la fois.
Toi comprendre moi? Je veux dire que le langage est cru et familier.
Concernant la noirceur, ce qu'il se passe dans le roman la rend omniprésente.
Il y a peu d'enfants de cœur dans la racaille guyanaise, on ne fait pas semblant avec la misère, la drogue et la violence.
Il y en a peu mais certaines scènes sont bien crades, pas d'analyses psychiatriques s'il vous plait mais j'adore quand ça dépote sévère.

J'aime cette immersion dans un endroit inconnu, niveau crédibilité aucun souci l'auteur y a travaillé plusieurs années, je me dis que s'il a été confronté à tout ça c'est effarant, glaçant.
Qu'elle action, comme dans la vie d'un flic ou presque puisqu'ici ça va même plus loin.

C'est ce qui s'appelle un auteur dans le vent, toujours raccord avec la réalité et l'actualité dans le choix et l'adaptation de ses sujets.

Vous allez sentir l'odeur du sexe, de la sueur âcre et de tout ce qui peut ressortir par les pores d'un fumeur de crack.
Alors prêts à sauter dans les bas-fonds de la Guyane, autant vous prévenir ça pique fort et je sais qu'il y a de nombreux adeptes du genre.
Il faut que je vous dise une dernière chose la fin m'a laissée bouche bée, j'ai adoré le bouquet final.





Originaire de Calais, Michel Vigneron est fonctionnaire de police. Après avoir longtemps officié à Boulogne/Mer, cadre de ses premiers romans, il a été muté en Guyane où il a passé cinq ans. Depuis 2015, il est en poste au commissariat de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais).
Michel Vigneron est l’auteur de huit romans policiers, tous marqués par un ultra-réalisme et le souci de coller au plus près à la réalité quotidienne sans fioritures. Son premier roman,Maryline de Boulogne, a été publié en 2007.



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